Les esprits concrets
Un des problèmes de l'Education Nationale
La raison pour laquelle Roberto, mon frangin, est conducteur de bus et non pas ingénieur aéronautique par exemple, c'est qu'il n'a pas travaillé à l'école comme JP, mon grand frère l'a fait.
Mais Roberto est très loin d'être bête. Il a juste un esprit plus concret qui ne supporte pas la soumission à l'apprentissage des notions inutiles qu'on appelle théorie mais qui n'a rien à voir avec la théorie.
Je ne dis pas que dans les formations d'ingénieur, on n'apprend que de la théorie mais pour avoir accès à ces écoles, on doit avoir accepté le programme centré sur l'abstrait, appelé intellectuel par rapport aux filières manuelles dévalorisées.
Océan est un peu pareille, avec un esprit très concret -mais sans révolte excessive contre la théorie (elle n'a jamais foutu le bordel dans la classe comme l'a fait Roberto).
Mais c'est pour cela qu'elle a bien aimé son bac pro
-qu'entre parenthèses, elle a choisi pour fuir les ambiances "à donf dans les études, surtout aucun moment de loisir, d'ennui et/ou de solitude" de son année d'internat d'excellence à Marly-le-Roi,
ses 1ères années de DCG où elle a appris un peu de comptabilité et aujourd'hui, ses études en audio prothèses.
L'erreur fondamentale de l'Éducation Nationale avec l'arrivée en masse d'élèves prétendant au baccalauréat
(accessible dans les générations précédentes qu'à une élite),
c'est d'avoir dévalorisé le manuel et le technique avant bac
(ce qui a poussé tout le monde vers le bac et plus ou le technique est considéré comme de l'ingénierie)
et de céder à cette pression en baissant le niveau de tous les diplômes "pour donner ses chances à tout le monde" parce que parallèlement à la baisse du niveau des programmes, l'école a érigé les diplômes en d'indispensables certifications d'intelligence).
Je ne dis pas que les diplômés sont des idiots, je dis que l'école ne leur apprend plus rien.
Fursia, notre stagiaire chez Deromedi est une fille super alerte, vive et intelligente qui apprend très vite
(cela a été un très grand plaisir pour moi de la former pendant un moment)
est arrivée en 1ère année de BTS avec zéro bagage en comptabilité
alors que ma génération avait, avec le bac G2 en poche, les capacités techniques d'un comptable unique (même si dans les faits, on s'était déjà fait bouffer par le BTS).
Je ne dis pas non plus qu'en BTS 1985, ils n'ont rien appris de plus
(j'ai vu le programme et c'était pas mal centré sur la fiscalité, utile si on veut aller plus loin vers l'expertise comptable mais inutile à un poste de comptable unique parce que toutes les entreprises ont un expert pour la fiscalité -qui bouge tout le temps).
Mais avec l'arrivée des esprits concrets que semblent être un bon nombre de personnes du continent africain
(pas tous parce qu'on trouve de toutes les couleurs à tous les niveaux de postes et dans tous les métiers ; pour les lecteurs qui n'ont pas lu mon commentaire d'un post Fb d'Alphonsine Assogba, je ne suis pas raciste, j'essaie d'expliquer autrement que par le racisme (!!!???!!!) pourquoi les personnes à peaux sombres sont nombreuses dans les métiers d'entretien des locaux)
l'Éducation Nationale, tout en baissant le niveau pour donner à tous la certification d'intelligence
(les diplômés aiment croire qu'ils sont plus intelligents que les autres qui ne seraient "pas capables" de suivre
-alors qu'il y a mille raisons pour une personne de choisir de ne pas continuer),
valorise les années passées dans ses locaux -à ne rien apprendre d'utile (surtout aujourd'hui où il suffit de taper sur Google).
Si comme je le préconise, la société devait un jour utiliser des robots pour faire le ménage dans les entreprises
(comme c'est déjà le cas avec les aspirateurs intelligents chez les particuliers),
on ne voudra pas confier aux hommes et femmes de ménage la responsabilité de la tâche robotique en programmant son planning ou en entretenant les machines parce qu'on veut croire que les gens qui font le ménage sont des personnes teu-bé incapables d'apprendre et/ou d'assumer des responsabilités.
On me dira que le personnel d'entretien pourra dormir. Mais que fait le responsable de la propreté si ce n'est s'assurer que tout va bien et faire de l'administratif ? Le métier changera un peu parce qu'il s'agira ici non pas de la gestion humaine mais de la gestion de parc robotique et s'il n'y a pour chaque personne qu'un seul robot à gérer,
ce ne sera pas tellement différent de certains postes dans les grandes entreprises
(en tant que comptable, j'ai rencontré des entreprises où je n'avais que 3 factures à enregistrer dans la journée -quand j'avais de la chance ?
tant mieux pour la profession, je dirais !
Ils ont suffisamment trimé -dans l'invisibilité totale
(personne ne les regarde et la plupart du temps, ils ne bénéficient pas de l'enrichissement de l'entreprise,
zappés des augmentations et des primes données suite aux bons résultats
"parce que l'augmentation des chiffres n'augmente -pas forcément la surface des locaux"
et quand bien même, tout le monde s'en fout de la "femme" de ménage
-mot entre guillemets pour utiliser ici le féminin comme un genre neutre, par simplification
même si je prends le temps de justifier mon choix pour expliquer que je ne vois pas forcément le ménage comme une tâche féminine, je n'ai jamais fait le ménage plus que cela même quand je vis avec un mec
et même si effectivement mon choix féminin ici vient du fait que la fonction a été longtemps une fonction féminine ;
on ne comprendra pas mon raisonnement qui dit que ce n'est pas parce que je dis "femme de ménage" que les petites filles vont croire qu'elles doivent faire le ménage :
ma mère a toujours voulu faire de moi une fée du logis et j'ai adoré jouer à la poupée mais cela ne m'a pas empêchée de rêver du métier de capitaine de bateau et même d'agent secret ? (je ris parce que je ne suis ni apte au combat ni même prête à mourir si je devais par exemple servir d'agent infiltrée dans les bureaux)
mais personnellement, je m'en fous des gens qui m'attribueront des intentions débiles totalement étrangères à qui je suis, j'ai horreur de la dictature même linguistique).
Si j'avais le pouvoir de remettre le Concorde sur les rails et de gros moyens financiers, j'offrirais à tout le personnel d'entretien des locaux -en activité et à la retraite,
un aller-retour en Concorde Paris-New-York
(ou Paris-Ailleurs si les Etats-Unis continuent à obliger au black-listage du chef d'œuvre de l'aviation pour des raisons commerciales
-et par jalousie de la créativité franco-britannique).
Mais ce que je dis va fâcher également les esprits concrets parmi les personnes bronzées parce que ne pas dire que c'est du racisme, c'est dire qu'ils ne sont pas intelligents vu que la société a habitué tout le monde à dévaloriser le manuel.
Personnellement, je trouve le graveur de marbre beaucoup plus talentueux que le chef comptable parce que n'importe qui peut apprendre la comptabilité si on l'explique correctement en commençant par le début.
Cette fois, c'est les comptables et les chefs comptables qui me bouderont.
??????????
Ils n'ont qu'à apprendre à graver le marbre ! Ils verront que c'est beaucoup plus difficile de maîtriser le corps que de comprendre le débit et le crédit ! Vrai ou faux ?
Et le métier de comptable aussi a été dévalorisé par l'arrivée des nouveaux diplômés.
Cela a changé depuis quelques années où on trouve en entreprise des chefs avec des autorités de compétences et/ou des qualités de management
mais il fut un temps où les schémas de paramétrage des progiciels était confiés à des contrôleurs de gestion considérés comme supérieurs -et à qui on n'a enseigné que "le haut de bilan"
(lecture d'une partie du compte de résultat et du bilan)
et qui ont pris des décisions absurdes -qu'il convenait de ne pas discuter
parce qu'alors que dans la génération de mes parents, le poste de comptable était un poste à hautes responsabilités, de personne importante dans l'entreprise, le comptable est devenu un grouillot comme beaucoup d'autres grouillots dans l'entreprise.
La population est plus nombreuse qu'au siècle dernier,
l'apprentissage étant généralisé, beaucoup de personnes ont aujourd'hui une formation et un métier
et les entreprises partagent la richesse en multipliant les postes là où dans le temps, il fallait peu de personnes.
Ce qu'il faut, à mon humble avis, c'est,
à côté de la revalorisation des métiers manuels et le désengorgement des fonctions de management
(tout le monde veut être chef et beaucoup croient qu'il suffit de donner des ordres pour être un bon manager
et sans dévaloriser les grands diplômés -parce que ce n'est pas parce que l'école ne forme plus les grands esprits qu'on ne peut pas être à la fois un grand esprit et un grand diplômé,
tout le monde en France a pu constater que malgré sa formation et son parcours impressionnants, une de nos ministres -éphémère de l'Éducation Nationale a prouvé devant toutes les caméras dès son 1er jour de service, sa totale incapacité humaine à gérer les grands problèmes),
créer de nouveaux métiers et les créer dans des domaines utiles et non nocifs pour la société
(l'IA doit être limitée à l'analyse de très grandes masses d'informations dans des domaines très spécifiques, je ne sais pas lesquels, peut-être dans la recherche spatiale
-et l'informatique ne doit pas remplacer non plus l'art de la comédie sinon on atrophie une potentialité humaine qui se trouve en plus être liée à la spiritualité parce que le jeu d'acteur résulte à la fois de l'introspection et de la présence)
ou bien abolir la valeur travail grâce à l'IA pour éradiquer les causes de la pauvreté
(ce que je ne préconise pas absolument non plus parce que le travail bien vécu est épanouissant
ou alors il faut du volontariat pour former et encourager les gens à faire quelque chose, ce qu'ils veulent, ce pour quoi ils sont faits
mais toujours sur la base du volontariat
pour faire avancer la société et non pas la détruire
tout en laissant la possibilité à chacun de ne rien faire pendant le temps qu'il lui faut pour maturer)
Le souci restera encore et toujours le partage des richesses.
Qui décidera de l'apport effectif de chacun à la société ? L'égalitarisme a prouvé son inefficacité en Union soviétique
et en Europe, son injustice pour les plus créatifs
(qui se sont barrés aux Etats-Unis plus encourageants pour eux).
Et on ne peut plus faire confiance aux états (surtout européens) qui dépensent des milliards dans des entreprises de déconstruction.
Du coup, yo no sé. ?
Texte écrit (et terminé) le 23 juil. 25 - 13:04
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